Ce 1er tour des élections législatives a été marqué par une abstention record (environs 39,7%) sous la 5ème république pour ce type d'élections. Cela n'est pas du à une perte subite du civisme chez les électeurs depuis le 6 mai 2007 mais plutôt à un désintérêt pour cette élection. En effet, cette campagne a été très courte (3 semaines depuis la nomination du gouvernement) et elle fut marquer par aucunes nouvelles propositions notamment de la part de l'opposition du Modem et de la gauche si ce n'est la nécessité du pluralisme. L'électeur potentiel (en particulier celui des banlieues) n'a pas été incité à voter en raison de la médiocrité de cette campagne et de son manque d'enjeux car depuis un mois une vague bleu a été prédite par les sondages. De plus depuis 2002, les législatives suivent la présidentielle, étant donné les faibles pouvoirs du parlement depuis 1958 et sa soumission au gouvernement, les français ont alors l'impression que leur parlement est inutile dans la vie démocratique (exemple du CPE : quelques soit le nombre de députés [50 ou 200] de gauche ce texte aurait été voter par le biais du 49-3 sans problème par le gouvernement, ce n'est pas la rue qui a pu faire barrage à ce texte).
On retiendra de ce 1er tour, la vague bleu qui a déferlé sur la France encore plus forte que en 2002 et qui va permettre la reconduction de la majorité UMP-PSLE sortante (1er cas de reconduction d'une majorité depuis 1978 – historique en France mais pas en Europe) au sain de la 3ème « Assemblée Bleu Horizon » après 1919 (défaite de la gauche après sa mauvaise gestion de la guerre) et 1993 (défaite de la gauche après des records de chômage et des affaires de corruptions). En effet, la droite est créditée de 434 sièges dans les sondages (voir 501 sièges dans le meilleur des cas – record absolu). Elle a déjà dés le 1er tour : 109 députés élus (chiffre le plus important depuis 1993) dont des membres du PSLE (seulement 2,3% mais 22 députés prévus) se présentant avec le soutien de l'UMP : Hervé Morin dans l'Eure, Philippe Vigier dans la 4ème d'Eure et loir...
On remarquera le faible score du Front National qui, après 20 ans au-dessus de la barre de 10%, disparaît enfin de la scène politique avec moins de 5% des voix en divisant par deux son faible score de la présidentielle (y compris dans son ancien bastion de Dreux qui avait élu une députée FN avec seulement 7%). Il ne peut que se maintenir, en duel contre le PS, dans la 14ème circonscription du Pas de Calais où Marine Le PEN augmente paradoxalement le score de son père du 22 Avril avec 24,5% (contre 19%).
On peut aussi évoquer l'affaiblissement électoral du Modem qui passe de 18,6% le 22 Avril 2007 à 7,61% le 10 juin 2007. Il est le 3ème parti de France mais il reste marqué par sa scission avec le Nouveau Centre (qui contrairement au modem, aura un groupe parlementaire). Les sondages ne lui donnent que environs 3 députés (dont François Bayrou et Jean Lasalle en triangulaires), étant donné que Comparini et Artigues, députés sortants ainsi que Muriel de Sarnez et Azouz Begal, sont éliminés dés le 1er tour). On attend de voir ses résultats électoraux lors des municipales. A noter que Jean-François Lagarde (sans étiquette, 5ème du 93) affrontera un communiste. Jean-Marie Cavada (1ère Val-de-Marne), Elisabeth Doineau (2ème Mayenne) et Thierry Benoit (6ème Ille-et-Vilaine) se maintiennent au second tour dans des duels contre l'UMP soit 6 députés au maximum (françois Hollande a appelé à voter pour ses candidats sans contrepartie au nom du pluralisme) tandis que deux autre modem, arrivés 3ème, peuvent se maintenir dans des triangulaires (Eric Lehéricy 3e du Calvados et Michel Canevet 7e du Finistère).
En effet, ce scrutin est sous l'emprise d'une certaine bipolarisation UMP- PS et seul le Parti socialiste semble en mesure de former une groupe d'opposition au Parlement. Mais celui-ci ne limite que difficilement les pertes face à la déferlante de l'UMP car il est probable qu'il perde encore des sièges (chez Montebourg en Soane et Loire, chez Huwart dans la 3ème du 28, Bianco et Mennucci en PACA ...) hormis dans le sud-ouest, le nord pas de palais et Paris où il semble résister. Néanmoins, on a eu la confirmation qu'une cohabitation n'était pas une hypothèse réaliste. Si la vague de droite s'emplifie, quelques éléphants pourraient périr comme Dray et DSK (l'UMP vu à la TV, Sylvie Noachovitch est arrivée en tête à Sarcelle avec 37,7% contre 37% pour DSK).
Mais c'est le Parti Communiste qui créait une petite surprise en réalisant un meilleur score que prévu 4,29% (presque identique que en 2002 mais deux fois plus que le 22 avril 2007) s'offrant même le luxe de dépasser le front national pour la 1ère fois depuis 1984. Il peut espérer sauver 11 sièges (dont celui d'Alain Bocquet presque réélu avec 46% des voix) voir plus jusqu'à 20 pour conserver un groupe parlement, ce qui serait un miracle mais cela n'est impossible car 28 candidats communistes peuvent se maintenir au 2nd tour (dont dans 18 circonscriptions communistes et dans 10 de droite notamment celle du Modem Lagarde dans la 5ème du 93).
Quand aux verts, avec 3.25% des voix, ils améliorent le résultat de la présidentielle mais ils auraient obtenir plus compte tenu d'importance de l'écologie en politique actuellement. Il est possible qu'ils conservent leurs 3 députés sortants (+ un ballottage à Nantes) malgré des scores sérés à Paris.
Avec le Modem, ils vont devoir aider à choisir des vainqueurs dans des duels bizzarement incertains malgré la vague bleu et des sortants de droite : Arno Klarsfeld dans la 8ème de Paris, Alain Juppé dans la 2ème de Gironde (alors que les autres membres du gouvernement sont déjà élus ou assurés de l'être), Renaud Dennedieu de Vabres dans la 1ère d'Indre et Loire- Tours, Georges Mothron dans la 5ème du 95 – Argenteuil (face à Faouzi Lamdaoui, un des seuls candidats de la diversité avec la candidate antillaise du PS dans la 21ème de Paris).
Dés dimanche prochain, la plupart des français seront appelés à retourner aux urnes pour un 2nd tour où on ne pourra que espérer que la participation soit plus digne d'un scrutin d'envergure national autour de ses questions :
Une chambre Bleu Horizon ou une majorité absolue mais raisonnable pour le parti du Président de la république ? Un groupe communistes ou non ? Des députés verts et modem ou non ? Réélire tous les éléphants ou non ?
Il peut s'attendre à un léger plus au niveau de la participation qui pourra permettre à la gauche de limiter la casse (comme pour la droite en 1988) ou alors une amplification du vote du 1er tour au profit de l'UMP (comme aux régionales de 2004 au profit d'une vague rose). a l'avenir, il sera difficile d'éluder l'introduction d'une de proportionnelle à l'assemblée nationale et un meilleur redécoupage des circonscriptions (l'actuel est en vigueur depuis 1988)