Le 5ème débat du second tour de l'élection présidentielle (le 1er depuis 12 ans et 1995, Jacques Chirac ayant refuser de débattre avec Le PEN en 2002) et dont les modalités ont été fixées par les représentant des candidats (interdiction des plans de coupes, définition des thèmes abordés), a débuté le mercredi 2 mai 2007 à 21 heures présentées par Patrick Poivre d' Arvor pour TF1 et Arlette Chabot pour France 2. Ce débat, qui fut passionnant, a été divisé en 4 parties : conception du pouvoir, l'économie, les faits de société et l'international.
Le débat a été suivi par 12.979.720 personnes sur TF1 et 7.085.000 sur France 2, soit 20.064.720 au total.
Les deux candidats habillés de bleu marine, face à face, sur un plateau plus moderne qu'avant, ont eu un débat assez calme sans les petites phrases habituelles. Les deux journalistes ont joué qu'un rôle marginal dans ce débat de 2h40 (de 21h à 23h40) qui était de grande qualité où les questions de fonds ont été abordés plus profondément que dans les autres émissions de télévisions et où les candidats ont pu expliquer comment ils comptaient financer leurs propositions électorales en montrant qu'ils étaient tout deux de très bon débatteurs.
Il ressort donc de cette confrontation (la plus rude depuis 1988) un match nul entre les deux candidats (ou pas de victoire nette en faveur d'un candidat) qui représentent une nouvelle génération du personnel politique: M. Sarkozy rassurait son électorat sur son sang froid mais en étant un peu en retrait par rapport à ce que l'on attendait de lui tandis que Mme Royal donnait une impression de domination de ses sujets en étant prête à habiter la fonction présidentielle.
Mme Royal, qui devait faire ses preuves, semble avoir été à la hauteur de l'enjeu en montrant de la compétence sur de nombreux sujets sur lesquels l'opinion publique ne l'attendait pas pour une socialiste : l'économie de marché (avec quelques difficultés) et la sécurité. Elle a donc pu convaincre certains électeurs indécis en tenant la route fasse à son adversaire alors que de nombreuses personnes pensaient que le talent oratoire de Nicolas Sarkozy allait écrasé la candidate socialiste. Mme Royal, pugnace et ne cherchant pas à se victimiser, est apparu plus tendu et plus autoritaire tout ne se laissant pas marcher sur les pieds mais elle n'a pas cherché à énerver son adversaire comme on pouvait le penser tout en prenant un certain ascendant psycologique sur lui. Il est en resort que c'est qui a choisi le tempo de l'émission en choississant ses thèmes de discutions.
Nicolas Sarkozy, le favori des sondages et qui le reste mais qui avaient le plus à perdre dans cette confrontation face à une femme (ce qui explique peut-être le sentiment de détachement qu'il donné), est apparu plus zen et plus centriste que d'habitude et moins mordant qu'à la normale envers un adversaire politique améliorant ainsi par son calme l'image d'un homme dangereux qui lui collait à la peau. Il n'a pas perdu d'électorat dans cette lutte dont il est sorti indemne, il aurait même rassurer les personnes qui hésitaient à voter pour lui en raison de son caractère. Il s'est comme sa concurrente (qui jouait le rôle d'institutrice comme VGE en 1981 mais pas avec les mêmes répliques) tromper dans les chiffres.
Hormis de nombreuses polémiques sur les chiffres du financement des retraites et de la part énergétique du nucléaire et beaucoup de mauvaises fois entre les candidats sur divers sujets, on retiendra comme moment fort la colère sincère mais excessive de Mme Royal envers son adversaire au sujet de la scolarisation des enfants handicapés où celle-ci le rend responsable de suppression de postes d'éducateurs par le gouvernement sortant en qualifiant son attitude « d'immoral ».
On notera que Mme Royal a réussi à présenter le candidat UMP comme le sortant en parlant de son bilan sécuritaire et de celui du gouvernement auquel il a appartenu car celui-ci n'a pas nié la paternité du Bilan gouvernemental. Elle est aussi été sur le terrain de l'U.M.P en ne refusant pas le redéploiement des fonctionnaires et une réforme des régimes spéciaux tout en s'exprimant clairement sur l'encadrement militaire des mineurs délinquants.
Mme Royal semble privilégié l'ouverture la négociation avec les partenaires sociaux avant de dévoiler le contenu de ses réformes. M. Sarkozy, lui, détaillait plus ses propositions en montrant ses certitudes et en privilégiant la rapidité des réformes mais ils ont eu certains points d'accord (minimum vieillesse, régularisation au cas par cas des sans- papiers, soutien scolaire et taxe carbone).
Nicolas Sarkozy a été jugé plus convaincant que Ségolène Royal lors du débat qui a opposé mercredi soir les deux finalistes de l'élection présidentielle, selon un sondage OpinionWay pour LCI et Le Figaro. D'après cette enquête, 53% des personnes interrogées ont jugé le candidat de l'UMP le plus convaincant et 31% la candidate socialiste. Par ailleurs, les sondages du vendredi 4 mai 2007 donnent Nicolas Sarkozy en hausse dans les intentions de votes.

