Voici les scores obtenus par les différents candidats à la présidence de la république française (source ministère de l'intérieur) :
1. SARKOZY......UMP: 31, 18%
2. ROYAL.............PS: 25, 87%
3. BAYROU .......UDF: 18, 57%
4. LE PEN............FN : 10,44%
5. BESANCENOT LCR: 4,08%
6. DE VILLIERS...MPF: 2,23%
7. BUFFET.........PCF: 1,93%
8. VOYNET......Verts : 1,57%
9. LAGUILLER.....LO : 1,33%
10. BOVE Ext.- gauche: 1,32%
11. NIHOUS......CPNT: 1,15%
12. SHIVARDI.......PT : 0,34%
Taux d'abstention : 16,23% (contre 28,1% en 2002)
Nous allons, maintenant, étudier les résultats de chaque candidat un par un :
Le candidat UMP (31,18%), Nicolas SARKOZY, a dépassé le seuil des 30% en réalisant le meilleur score d'un candidat de droite depuis 1974 (Giscard), ce qui est un score honorable pouvant provoqué une dynamique de 2nd tour en sa faveur. L'UMP a réussi son pari électoral engager par son candidat au ministère de l'intérieur depuis 2002 en ramenant le tiers des électeurs du Front National dans le giron de la droite parlementaire et il est fort à parier que les électeurs restant du FN vont rejoindre en masse le candidat de la droite au 2nd tour favorisant ainsi son élection.
La candidate du PS (25,87%), Ségolène ROYAL, renoue avec les scores de François Mitterrand, elle a bénéficié à plein du vote utile en rassemblant presque toute les voix de l'ex majorité plurielle, le traumatisme du 21 avril 2002 est guérie et une nouvelle voix s'ouvre pour le 2nd tour où fait exceptionnel depuis 1981 toute la gauche alter- mondialiste appelle à voter pour elle pour barrer la route de son adversaire.
Le candidat de l'UDF (18,57%), François BAYROU, renoue avec les plus hauts scores de l'UDF mais avec un électorat sociologiquement plus à gauche qu'avant. Si avec un tel score, il ne peut espérer obtenir sans alliances des députés centristes, c'est lui si il donne une consigne de vote (mercredi 25 avril) qui, dans sa situation d'arbitre, pourra faire basculer l'élection dans un sens ou dans un autre mais on peut se poser la question de la fidélité de son électorat (inconnu des reports de voix). Ce score est honorable, c'était le maximum que pouvait atteindre Mr. BAYROU, il est le 3ème homme mais le courant centriste est peut-être né aujourd'hui. (Sondage : Ses électeurs vont voter à 54% pour Royal et 46% pour Sarkozy).
Le candidat du FN (10,44%), Jean-Marie Le PEN, réalise son pire score aux présidentielles depuis 1974 (0,74%), son parti a été pulvérisé que le positionnement très à droite de l' UMP qui marginalise ses électeurs les plus racistes. C'est à l'évidence la candidature de trop pour le leader frontiste. Ses thématiques ont été reprises par les partis parlementaires et les électeurs se sont aperçus que ses propositions étaient dangereuses et démagogiques.
(Sondage : Ses électeurs vont voter à 76% pour Sarkozy et 24% pour Royal au 2nd tour).
Le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (4,08%), Olivier BESANCENOT, peut apparaître comme l'un des bénéficiaires de cette élection car il réédite son score de 2002, bat Lutte Ouvrière et le Parti Communiste et apparaît comme le nouveau leader des collectifs anti- libéraux car il est le seul survivant du vote utile.
Le candidat du Mouvement pour la France (2,23%), Philippe de Villiers, devient le 6ème parti de France mais son score est assez faible car il n'était pas crédible en voulant copier Le PEN. Il refuse de donner des consignes de vote mais ses électeurs suivront Nicolas SARKOZY.
La candidate communiste (1,93%), Marie- Georges BUFFET, subit une véritable humiliation (plus faible score des communistes dans l'histoire), son parti risque de perdre son groupe parlementaire, elle paye d'avoir provoquer la division des collectifs anti- libéraux et l'image veillotte de son parti politique qui est dépasser par les trotskistes.
La candidate des verts (1,57%), Dominique VOYNET, a échoué à maintenir l'écologie dans cette campagne après le retrait de Nicolas HULOT à cause du vote utile, de son statut d'ancien ministre et de positionnement à gauche. Les verts n'ont plus une influence sur les socialistes et risquent de n'avoir que très peu de députés aux législatives de juin.
La candidate de Lutte ouvrière (1,33%), Arlette LAGUILLER, a aussi fait la candidature de trop avec son plus faible score depuis 1981, elle a mis son parti en difficulté par rapport à la LCR et elle paye son positionnement anti- CHIRAC lors du 21 Avril 2002. Elle fut aussi victime du vote utile.
José BOVE (1,32%) a ajouté de la division à la division chez les alter- mondialistes et ses méthodes musclées envers les O.G.M ne lui ont pas permis d'attirer les voix des électeurs. Sa carrière politique est terminée, il va devoir purger sa peine de prison.
Le candidat de C.P.N.T, Frédéric NIHOUS (1,15%), a échoué dans sa lutte contre les verts, il a fait pire qu'eux, le héros de la ruralité fut aussi étouffé par tous les autres candidats ruraux (BAYROU, De Villiers, SCHIRVARDI...). Le lobby C.P.N.T risque de disparaître dans la scène politique.
Le candidat du parti des travailleurs (0,34%), Gérard SCHIVARDI, avait pour slogan 'l'Union Européenne ça suffit', les électeurs ont dit 'les candidatures de témoignages ça suffit'...
En effet, nous assistons à un renouveau de la polarisation droite- gauche avec l'émergence entre les deux d'un fort courant centriste (+12points depuis 2002) et un affaiblissement des extrémistes (-10 points depuis 2002).

